Moulin : l’horreur dans l’ombre de la Résistance

Fiche :  

 

Résumé : 

Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence.  Le destin de la France libre en dépend. 

 

Ma Critique : 

Après Le Fils de Saul, Sunset et Orphelin, le cinéaste hongrois László Nemes revient avec Moulin, un long-métrage présenté en Compétition lors de la 79e édition du Festival de Cannes 2026. Pour incarner cette figure majeure de la Résistance française, le réalisateur fait appel à Gilles Lellouche, que l’on retrouve ici bien loin de ses rôles habituels, des comédies populaires aux thrillers. Un choix audacieux pour un film historique qui entend s’éloigner des codes traditionnels du biopic.

Polémique sur le film Moulin : les libertés dangereuses prises ...

Scénario : entre récit historique et fiction suffocante

Bien loin des biopics traditionnels, László Nemes et son scénariste Olivier Demangel font le choix de se concentrer sur une période particulièrement obscure de la vie de Jean Moulin : son arrestation par la Gestapo à Caluire, en juin 1943, et les heures terribles qui suivirent. Le récit se divise ainsi en deux parties distinctes. La première, historiquement documentée, nous entraîne dans le quotidien de Jean Moulin, parachuté depuis Londres, alors qu’il œuvre à l’unification des mouvements de Résistance et à la création du Conseil National de la Résistance. Une partie passionnante, qui permet de mieux comprendre l’importance de sa mission.

La seconde, consacrée à son arrestation et à ses interrogatoires, s’aventure davantage sur le terrain de la fiction, le réalisateur cherchant à nous plonger dans une atmosphère suffocante. Il faut reconnaître à László Nemes un véritable talent pour suggérer l’horreur plutôt que de l’exhiber avec complaisance. Moulin s’impose ainsi comme un devoir de mémoire nécessaire, rappelant l’extrême violence de la Gestapo et les méthodes employées pour briser les résistants. Malheureusement, cette seconde partie souffre d’un rythme particulièrement lent et de nombreuses longueurs. Si la tension est palpable, les séquences d’interrogatoire finissent par s’étirer, rendant l’expérience éprouvante. Une première partie nettement plus convaincante que la seconde, qui peine à maintenir le même niveau d’intérêt.

Moulin” de László Nemes : tout en sobriété, dans la tête d'un ...

Une reconstitution minutieuse au service de l’immersion

Bien que l’intrigue se déroule principalement à Lyon, le long-métrage n’a pas été tourné dans la cité rhodanienne. Lors des repérages, l’équipe s’est rapidement rendu compte que la ville avait trop changé depuis 1943 pour permettre une reconstitution convaincante de l’époque. Les anciens locaux de la Gestapo, situés avenue Berthelot, ne correspondaient notamment plus à ce que recherchait le réalisateur.

Le tournage s’est donc intégralement déroulé en Hongrie. Les espaces exigus des cellules de la prison de Montluc ont quant à eux été entièrement reconstruits en studio. Un choix qui permet à László Nemes de maîtriser parfaitement son environnement et de renforcer le sentiment d’enfermement qui accompagne la seconde partie du film. La mise en scène privilégie ainsi les espaces confinés, les cadrages oppressants et les gros plans.

Que vaut «Moulin» avec Gilles Lellouche ?

Gilles Lellouche, un Jean Moulin remarquable

Gilles Lellouche et Louise Bourgoin se retrouvent à l’écran après avoir partagé l’affiche de la comédie Sous le même toit, en 2017. Gilles Lellouche se montre remarquable dans le rôle de Jean Moulin. L’acteur parvient à transmettre la peur, la douleur et les émotions de son personnage avec une grande justesse. Les nombreux gros plans sur son visage permettent de saisir toute la détresse d’un homme confronté à l’horreur, mais également sa détermination et sa volonté de ne rien révéler. Une interprétation convaincante qui constitue l’une des grandes forces du film. Face à lui, Lars Eidinger est tout simplement terrifiant dans la peau de Klaus Barbie. Le comédien incarne un bourreau froid, méthodique et implacable, dont la présence suffit à instaurer un climat de terreur.

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Note pour le scénario : 3etoiles
Note pour la mise en scène : 4etoiles
Note pour le casting : 4etoiles
Note – Ressenti général: 3etoiles

Note Globale :

14/20


La bande-annonce du film :
 

 

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